A la petite fille que j’ai été

12082008

Tu ne sais rien du monde encore, tu souris, candide, sans te soucier de rien.
Un jour viendra où sourire te sera difficile, où ce que tu sauras du monde t’en éloignera.
Un jour viendra où tu repenseras à ta candeur, et voudras écrire les mots que j’écris maintenant.

 

Tu mérites mieux que l’amertume et la tristesse, petite fille, alors laisse-moi te dire ces quelques mots :

 

Sois forte, petite fille, car le monde que tu ne connais pas encore est sans pitié.
Mêle-toi aux autres, mais garde tes distances, car à trop te dévoiler, tu seras vulnérable.
Méfie-toi de ceux qui disent vouloir ton bien, et réfléchis aux événements au lieu de naviguer naïvement.
Protège-toi de ceux que tu aimes, car leurs traîtrises sont les plus douloureuses.

 

Donne-toi du mal pour obtenir ce que tu veux, même si l’objectif semble acquis dès le départ. Cela te donnera les armes pour avoir plus tard ce dont tu rêves.
Garde les pieds sur terre, et ne t’estimes pas plus que ne vaux, tu te rendras compte de ton erreur et t’en mordras les doigts.
Sois humble en tout temps, sois discrète mais pas invisible. Aie le verbe avare mais juste, pour ne pas regretter certaines paroles.

 

Apprends à reconnaître tes vrais amis des intéressés, et fais tout pour les garder près de toi, et fais tout pour éviter les autres.
Garde pour toi ce que tu penses, mais n’oublie pas de penser, d’observer et d’analyser.

 

Si je pouvais, je te dirais le chemin qu’il te faudra suivre quand tu seras plus grande. Mais je ne peux que te dire celui à ne pas prendre. Prends un autre chemin, petite fille, ça aurait pu être pire pour moi, mais il faut que ce soit meilleur pour toi.

 

Reste qui tu es, petite fille, tout le monde t’aime bien. Ne te perds pas sur la route, tu peux faire des erreurs mais sache les oublier après en avoir retenu la leçon.

 

Courage, petite fille, il paraît que l’histoire finit bien, mais fais tout pour qu’elle soit agréable du début à la fin.

 

Surtout, plus que des autres, méfie-toi de toi. Tu es ta pire ennemie.




Madame Della

8082008

Madame Della dans Rencontres foret

Je vous l’avais dit, il sera ici question de ma chienne, de temps à autres.

D’un naturel distant et casanier, je me suis souvent demandé comment ma mère pouvait engager la conversation avec des inconnus. Maintenant que je sors plusieurs fois par jour, je suis amenée à croiser tout un éventail de personnalités aussi différentes que possible les unes des autres. Et j’ai découvert à cette occasion, qu’un chien est bien un vecteur de cohésion sociale (à petite échelle, certes, mais c’est un élément non négligeable de la non-ignorance de son prochain).

J’étais dernièrement en stage, près de chez mes parents, et c’est donc là-bas que j’ai rencontré le premier portrait d’une série dont je ne sais si elle sera longue.

Je l’ai nommée Madame Della, d’une part parce que c’est le nom d’un de ses chiens, Della, et d’autre part, parce que je ne connais pas son véritable nom, ni son prénom. Je l’ai rencontrée dans la forêt, elle était précédée de sa jeune chienne Della, braque croisée labrador croisée…, et suivie de ses deux séniors, « Papi » et « Lorie ». Une femme ni grande ni petite, mais élancée et sportive, malgré son air à peine réveillé, emmitouflée dans sa polaire et son foulard : « C’est difficile, à cette heure-ci, non? » Il doit être 6h15. « Oui, assez ». Il ne fait pas chaud pour un mois de Juillet, mais il est tôt, et les quelques rayons du soleil qui pointent à cette heure le bout de leur nez, peinent à franchir le toit de feuilles de la forêt.

A ces quelques mots a suivi une conversation banale sur nos chiens, puis pudiquement nous sommes reparties chacune de notre côté.

Je l’ai croisée plusieurs fois dans le mois, parfois le matin, parfois le soir, et il me semble qu’à chaque fois depuis, ou presque, nous nous sommes arrêtées pour discuter longuement sur les chiens, leur éducation, le sport aussi, et je me suis liée d’amitié pour cette femme divorcée, qui s’occupe seule (ou presque) de ses 2 enfants, ados ou pré-ados, et de ses 3 chiens, de son déménagement et qui, bien que fatiguée, parvient à faire face et à garder tout le temps le sourire. J’en ai appris plus sur ses chiens, notamment Della, qu’elle a adoptée sur un coup de tête, alors qu’elle avait déjà Papi et Lorie, qu’elle a sortis de leur cage à la SPA; Della qui court et saute dans tous les sens, qui aboie après ma chienne et n’obtient pas de réponse; Della qui est suivie toutes les semaines par le vétérinaire, à cause d’un oedème qui rechigne à se résorber.

Madame Della court, souvent, et elle a même terminé un marathon, en Suisse.
Madame Della m’impressionne, parce qu’elle va bientôt travailler à 2h de route de chez elle, et continuera de s’occuper de ses enfants et de ses chiens comme si rien d’autre ne comptait.
Madame Della m’a fait rater quelques RER, mais je ne lui en veux pas.

Je suis retournée dans le Sud, je ne croiserai sûrement plus Madame Della, mais je pense à elle et je l’admire pour son engagement et son dévouement envers les animaux. C’est une rencontre comme j’aimerais qu’elles soient toutes. Vous verrez bientôt qu’il n’en est rien.




Sympathie déplacée

20072008

 

Sympathie déplacée dans Sentiments CIMG1134 Avez-vous déjà ressenti pour une personne inconnue ce sentiment étrange, qui vous conduit à penser que cette personne doit être malheureuse, mal dans sa peau, alors même que vous n’en savez rien? Une espèce de sympathie mal placée, parce que vous n’êtes même pas sûr qu’il y ait une quelconque souffrance à partager? Bon, ça doit être un peu flou comme description, mais je ne sais pas s’il existe un mot adapté à ce genre de sentiment. Illustrations.

 

France Inter, ce matin. Un journaliste ou présentateur, je ne sais, nous remet en mémoire la performance d’un « nageur » de Guinée équatoriale qui, pour la première fois de sa vie, plonge dans un bassin de 100m de long. Ce nageur qui n’avait jamais fait des longueurs de plus de 20m. Ce nageur qui n’est en vérité nageur que depuis 8 mois. C’était aux Jeux Olympiques de Sydney, en 2000. Le guinéen est sorti vainqueur des qualifications après l’élimination de ses deux concurrents pour faux départ, en mettant le double du temps « normal » pour la distance. Cet « exploit » a beaucoup fait parler de lui, au zapping, aux classements des meilleurs performances sportives ou ce genre de débilités qu’on retrouve fréquemment sur TF1 quand les Lofteurs et pseudo-artistes Académiciens sont en vacances. La mention de cet événement, ce matin, m’a replongée dans l’émotion que j’avais ressentie en voyant la nage du guinéen et écoutant les commentateurs. J’en avais pleuré.

 

Les speakers se moquaient ouvertement du sportif, mettant l’accent sur le temps qu’il lui fallait pour rejoindre l’autre bout du bassin, sur sa technique loin d’être parfaite… Et moi, je voyais cette homme, dans une piscine où il devait se sentir perdu, avec sur lui les innombrables regards d’une foule que j’imagine moqueuse, compatissante ou encore indignée. Je voyais cet homme qui participait et remportait une épreuve sans péril, et donc sans gloire. Je voyais cet homme qui allait ensuite se mesurer à des nageurs entraînés, qui presque le laisseraient sur place sans lui laisser la moindre chance de s’en sortir avec les honneurs. Je voyais cet homme qui nageait tant bien que mal, et dont je me demandais ce qu’il ressentait à ce moment précis. Et je me disais que c’était cruel, oui, cruel, de l’avoir fait participer alors qu’il était évident qu’il n’avait pas la moindre chance de gagner. Et, comme aujourd’hui, ma gorge se nouait. Comme aujourd’hui, les larmes perlaient à mes paupières, et ce qu’elles contenaient n’était ni eau ni sels, mais misère et injustice, souffrance et inégalité.

 

Plus tard, j’en ai parlé à mon père, probablement en voyant une femme afghane courir un 100m dans un survêtement trop grand pour elle, la poitrine non maintenue sous son T-shirt, et loin, loin derrière les autres concurrentes. Je lui ai dit à peu près ce que je viens de vous écrire. Et là, il m’a répondu : « Pourquoi vois-tu les choses de façon si négative? N’est-tu pas contente pour elle, pour lui, qu’ils aient pu représenter leur nation dans un évènement international? Qu’ils soient messagers d’espoir pour leurs compatriotes, et pour le monde entier? Pourquoi voudrais-tu que tous ceux qui participent aux Jeux aient une chance de gagner? L’important n’est-il pas de faire connaître au monde Occidental (au sens « développé » du terme) leurs pays dont on ne parle qu’à l’occasion de guerres ou massacres? ».

 

Il a eu raison. Mais malgré tout, ma vision ne change pas. Malgré tout, dans ces situations, mon coeur me paraît encore trop petit pour supporter cette souffrance.

 

Cette année, un de nos enseignants m’a fait ressentir la même tristesse. Pourtant, il n’est ni originaire d’un pays martyrisé, ni lutteur poids plume parmi les Super Lourds, il est juste enseignant-chercheur, d’un domaine scientifique qui semble lui tenir à coeur, et sur un sujet qu’il a l’air de maîtriser. Il a juste l’allure de ces adolescents différents des autres, parce qu’ils ne sont pas habillés à la mode, qu’ils n’ont pas le dernier sac à dos branché. Il manque juste d’aisance lorsqu’il prend la parole devant un amphithéâtre presque vide, dans lequel sont assis, par-ci par-là, de jeunes adultes qui se demandent ce qu’ils y font, ou même, papotent entre eux sans prêter la moindre attention à cet énergumène qui peine à nous transmettre son savoir sur un sujet qui n’intéresse pas plus que ça. Cette heure (ou ces deux heures, je ne sais plus) furent pour moi une torture. J’ai tenté de rester concentrée pendant toute la durée du cours, pour ne pas que lui me voie perdue dans des pensées qui clairement n’avaient aucun rapport avec ce qu’il nous racontait, pour ne pas qu’il me voie rire avec mes voisins de blagues sur un autre sujet, ou pire, sur lui. Et pendant tout ce temps, j’avais mal pour lui. Je me disais qu’il se rendait compte de tout cela. Qu’il savait que les bactéries, nous, jeunes étudiants, n’en avons cure. Qu’il se rendait compte qu’il avait du mal à prononcer les mots, ou qu’il butait sur des morceaux de phrases et que ça ne faisait qu’empirer son malaise. J’avais mal, parce que j’étais persuadée qu’il était à plaindre.

 

Ce sont des exemples issus d’une longue liste. J’ai mal pour des gens que je ne connais pas, et qui n’ont sûrement rien à m’envier. J’ai mal quand un joueur perd, mal quand une équipe se fait battre, mal quand je constate, à chaque instant, que nous ne sommes pas nés sur un pied d’égalité, et que le monde moderne ne fait que mettre en évidence cette injustice.

Est-ce pour autant que je me sens supérieure? Je ne crois pas. Mon père a défini un jour cet état d’esprit, mais je ne me souviens plus de ses mots. C’était encore une histoire de compensation. Un sentiment qui viserait à effacer toutes les blessures infligées par d’anciens dominants à des peuples, tribus, religions, pays… Un sentiment dont je serais la seule à penser qu’il puisse soulager des discriminations passées les catégories sociales aujourd’hui intégrées (ou presque). Et ce sentiment, je crois, est une insulte à ces gens. Et ça me fait mal, parce que je ne peux m’empêcher de l’éprouver.

Alors non, l’objectif de cet article n’est pas que vous vous disiez « la pauvre, elle souffre sans raison, elle souffre et personne ne peut rien pour elle ». Ce n’est pas ce que je cherche. Ce qui m’intéresse, dans ce cas et, globalement, dans toutes les situations de la vie, c’est de comprendre le pourquoi du comment. Pourquoi, à un moment donné, mon subconscient a-t-il décrété que je m’infligerais cette souffrance pour des inconnus qui ne souffrent pas eux-mêmes? Pourquoi suis-je désolée pour les autres, alors que c’est peut-être pour moi, que je devrais l’être? Pourquoi m’est-il plus facile de voir dans un événement sa face négative, et d’oublier sa beauté et sa grandeur?




Le début d’une aventure

19072008

Moi: « - Dis maman, je suis sûre que ma chienne, elle m’aime pas. Tu crois pas?

Ma mère: – Si un jour tu te fais analyser, il faudra que tu en parles, de ça. » Sous-entendu : ma fille, il FAUT que tu ailles voir un psy. Tu racontes n’importe quoi.

J’ai longtemps hésité avant de créer un blog. A vrai dire, il s’agit du deuxième, le premier n’a duré que quelques jours… Mais si ma mère pense qu’il faut que j’aille voir un psychologue, elle a sûrement raison. En matière de thérapie, elle s’y connait. Bon. Le psy, j’ai déjà donné. J’étais plus jeune, certes, je n’avais pas vraiment de problèmes, certes, mais au final, ça ne m’a pas tellement aidée. Et puis, un psy, c’est un budget. Et du temps. Et le risque que ça soit découvert par les amis. Alors, le psy, c’est non. Du moins, pas tout de suite. Mais quand même, j’ai des choses à dire. Non pas qu’elles soient importantes, ces choses, mais il faut qu’elles soient dites. A n’importe qui. A vous (ne le prenez pas mal, vous ne me connaissez pas, je ne vous connais pas. Vous pourriez être n’importe qui).

Vous qui connaissez cette adresse, ne m’avez probablement jamais rencontrée dans la vie réelle. Vous ne savez de moi que mes études éventuellement, certains aspects de ma vie, mais ne sauriez me reconnaitre dans la rue. Ce que j’écrirai ici lèvera peu à peu le voile sur ma personnalité, mes angoisses, mes envies, et surtout, mes faiblesses. Le ton sera donc grave le plus souvent, mais je n’exclue pas de laisser parfois libre cours à ma bonne humeur, à mon humour, à mon sarcasme. Vous ferez aussi la rencontre de ma chienne, autour de laquelle nombreuses réflexions seront présentées. Et peut-être la reconnaîtrez-vous. Et peut-être me reconnaîtrez-vous. Si tel était le cas, ne m’en dites rien. N’en dites rien à personne. Cela rendrait les choses trop compliquées.

Vous avez probablement déduit des lignes qui précèdent que, malgré moi, je tente de sauver les apparences d’une existence qui ne me satisfait pas. Je serai directe : je vais mal, je le sais, et j’ignore si mon état d’esprit va un jour s’améliorer. L’adresse n’a pas été choisie au hasard. Sans dire que je suis schizophrène, je vis, depuis quelques temps, avec une voix dans ma tête qui me donne d’étranges idées. De sombres idées…qui me font me dire que je vais mal.

Peu réjouissant j’en conviens, je promets de ne pas garder ce ton glauque tout le temps. Il y aura certes, beaucoup de « je », de maux, mais des jeux de mots aussi. Ca, c’était pour la frime. Je viens d’ailleurs de mettre au point une théorie, si ça vous intéresse. Les gens qui friment, les « frimeurs » donc, ont un manque évident de confiance en eux. Un complexe d’infériorité décompensé, pour parler pompeusement. Pour frimer. Bien sûr, puisque ceux qui ont confiance en eux, sont tellement persuadés de leur supériorité, qu’ils ne doutent pas un instant que tout le monde se rend compte de leur supériorité. Pas la peine d’en rajouter, du coup. D’accord. Cette théorie vaut ce qu’elle vaut, c’est-à-dire probablement rien.

A bientôt peut-être, si vous le voulez bien. Moi, je ne bouge pas.







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